Accueil du site > Nos dossiers > DEPLACEMENTS > Des bagnoles, des bagnoles, …. et des poids lourds !

Des bagnoles, des bagnoles, …. et des poids lourds !

Des bagnoles, des bagnoles, …. et des poids lourds !

Dans ma rue, il n’y a qu’des bagnoles, dans ma ville il n’y a qu’des bagnoles, sous leur nez il n’y a qu’des bagnoles ….. aïe, aïe, aïe, ouille ….. (sur un air de Dutronc)

Les facteurs qui créent cet état de fait sont multiples : enjeu industriel, encouragement étatique, propagande publicitaire permanente, individualisme, sédentarisme (1), barrière sociale souvent inconsciente freinant l’usage des transports en commun, valorisation sociale de la voiture, etc.

Face à tout cela, si l’on veut qu’une inversion de la tendance soit juste possible, du coté des transports en commun on n’a pas le droit à l’erreur, du moins on a le devoir – je dirais « environnemental » et « social » - de réduire cette erreur au minimum.

Les 2 témoignages personnels qui suivent ont pour seule fonction de stimuler l’effort des responsables de ces transports en commun, pour aller dans le sens d’une « erreur minimale ». Le but est de leur communiquer une expérience directe, qu’ils ne semblent pas avoir eux-mêmes (2). Pourtant, pour améliorer le système, rien de plus productif qu’une vue de l’intérieur, une expérience de terrain. Eh bien la voilà.

De la régularité et de la précision

Samedi 28 novembre, 13h, je reviens du marché avec un cabas plein de bons légumes. Il fait un froid de canard. Je me dis que dans un quart d’heure je pourrais entrer au chaud dans le bus n° 15 qui m’amènera à la Parade (fréquence : toutes les demi-heures). A 13h20, rien … A 13h30 toujours rien. Je suis frigorifié et la lourdeur de mon sac ne m’autorise aucune promenade ne serait-ce qu’autour de l’arrêt pour me réchauffer. Obligé de rester planté là, devant la Rotonde, à greloter et à respirer les gaz de la circulation qui me passe sous le nez. Obligé de me rendre à l’évidence que le bus de 13h15 n’est pas passé, et qu’il y a peu de chance qu’il passera. Les 4 jeunes femmes qui l’attendaient aussi décident de héler un taxi. D’après une autre personne qui voulait aussi le prendre, il semblerait qu’un « 16 » soit arrivé à la Rotonde, et soit reparti en « 16 », le chauffeur ayant oublié de changer le numéro 16 en 15. En effet, les chauffeurs de ces 2 lignes passent leur temps à changer plusieurs fois de numéro dans la même journée. N’y aurait-il pas organisation plus simple et moins propice à induire en erreur des chauffeurs qui en ont peut-être déjà assez de braver une circulation toujours plus dense et anarchique ? Quelle qu’en soit la raison, le résultat de ce dysfonctionnement est le même pour l’usager. En l’occurrence trois quarts d’heure d’attente dans le froid, le bruit et la pollution.

Un affichage cohérent

Mercredi 1 décembre. S’il arrive de ne pas toujours avoir un horaire sur soi, on peut toujours consulter celui qui est affiché dans la plupart des arrêts de bus, du moins s’il n’a pas été arraché. C’est exactement ce que je fais en arrivant à l’arrêt « Centre commercial » pour une correspondance. L’affichage m’indique que le dernier bus est à 19h59. Sur mon retour, je prends la peine d’arriver 5 minutes en avance, car il ne s’agit pas de rater le dernier bus. Toujours pareil, le froid et une circulation nerveuse sur ce grand rond-point. Plus d’une demi-heure après, toujours rien ! En moins d’une semaine, ça fait quand même beaucoup, non ? Heureusement un « 16 » doit encore arriver à 20h34. Le problème est qu’il ira au centre ville. Il faudra encore attraper un 15 pour arriver à destination. En tout, plus d’une heure pour faire un trajet de 10 minutes, dont 40 minutes à attendre dans le froid et la pollution.

La cause de ce tourment ? L’horaire affiché dans l’arrêt de bus n’était pas le bon : le bus devait passer à 19h54 et non 19h59. C’était sans doute celui que j’ai vu partir en arrivant, croyant être 5 minutes en avance.

Conclusion

Il ne s’agit pas de décourager l’usage des transports en commun. Le système du transport collectif (quand il fonctionne bien) est intéressant non seulement du point de vue écologique, on le répète souvent, mais aussi du point de vue pratique, on le dit moins. En effet, il est beaucoup plus confortable d’aller en ville en bus qu’en bagnole. Il y a effectivement des inconvénients, mais finalement bien plus d’avantages, notamment celui de ne pas être encombré par un véhicule une fois arrivé à destination. Je reste persuadé que s’il y avait autant de publicité pour le transport collectif qu’il y en a pour la voiture, il y aurait bien plus de monde dans les bus que dans ces boîtes à sardine.

Bref j’encourage tout le monde à utiliser les transports en commun ne serait-ce que pour signaler haut et fort tout dysfonctionnement afin de faire avancer les choses.

(1) Aversion pour l’effort physique.

(2) L’hypothèse est que les organisateurs et responsables des transports en commun n’utilisent pas ces derniers habituellement. Pour vérifier cette hypothèse, il faudrait une étude que je n’ai pas le temps de faire. Je me contenterais de donner 2 indices qui me font penser ainsi : 1) plus on a une position élevée dans l’échelle sociale, moins on prend le bus ; 2) je ne pense pas qu’en étant usager des transports en commun on pourrait concevoir ni accepter des arrêts de bus ayant si peu de places assises.

Dominique Juraszko

Répondre à cet article

 Se déconnecter | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Webdesign