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ZAPA l’Association Pays d’Aix Ecologie pour la prise en compte du CO2 dans les ZAPA

Les ZAPA : lutter contre la pollution urbaine sans diminuer les émissions de CO2

Le projet ZAPA (zone d’action prioritaire pour l’air) vise à interdire la circulation de certains véhicules dans certaines zones d’une agglomération où se posent des problèmes chroniques de pollution atmosphérique. Huit villes se sont portées volontaires pour tester ce dispositif dès l’été 2012 pour une durée de 3 ans : Paris, Lyon, Clermont-Ferrand, Nice, Aix -en-Provence, etc.

On délimite des zones géographiques dans les centres villes et on classe les véhicules du « plus polluant » au « moins polluant ». Chaque municipalité pourra choisir quelle catégorie de véhicules sera autorisée à circuler dans ces zones et quelle catégorie y sera interdite. La ministre de l’écologie, NKM, a arrêté le 6 avril dernier une classification prenant en compte le seul critère de l’âge du véhicule. Les voitures antérieures à 1997 sont considérées comme étant « très polluantes ». Celles qui sont fabriquées après 2006 sont considérées comme étant « les moins polluantes ». Pour les deux-roues, la date charnière est 2004. Avant 2004, ils sont classés « très polluants », après 2004, ils sont classés « moins polluants ». Le choix de ces dates est justifié, car elles correspondent à des avancées réelles en termes de progrès anti-pollution. D’après cette classification, les véhicules considérés comme étant les moins polluants rejettent en effet beaucoup moins de particules et de dioxyde d’azote. Mais qu’en est-il du CO2 contribuant à l’effet de serre ?

Pour tester la validité de cette classification, prenons 2 exemples : un scooter léger de 2003 conduit de façon économique, consommant moins de 2 litres/100 et produisant moins de 30 g de CO2 sera classé « très polluant » et sera donc souvent interdit dans les ZAPA. En revanche une voiture moyenne d’après 2006 consommant 4 fois plus de carburant et produisant plus de 120 g de CO2 sera classée « peu polluante » et pourra toujours rouler. Ne parlons pas des véhicules hors norme comme les 4x4 ou les voitures de sport produisant parfois plus de 300 g de CO2, qui, à partir du moment où ils seront postérieurs à 2006, pourront aussi toujours rouler (1).

Conclusion : la mesure agira sans aucun doute sur les particules et le dioxyde d’azote, 2 polluants pour lesquels on observe des dépassements fréquents dans les grandes villes, mais ne limitera en rien le CO2 alors que les experts du climat ne cessent de répéter que l’on doit diviser nos émissions de CO2 par 4 avant 2050.

Quelques observateurs ont mentionné le caractère socialement injuste de la mesure, en revanche très peu ont pointé l’essentiel, c’est-à-dire ce qui ne fait qu’aggraver l’injustice sociale, à savoir l’incohérence environnementale. C’est ainsi que s’exprime Denis Baupin, adjoint chargé de l’environnement, du développement durable et du plan climat à la mairie de Paris, dans un communiqué du 7 avril 2011 : « Le dispositif ZAPA concerne deux polluants, le dioxyde d’azote et les particules, mais ne pourra être compris et accepté par les usagers que s’il lutte également contre le changement climatique. C’est pourquoi le dossier déposé par la Ville de Paris, approuvé à l’unanimité du Conseil de Paris, prévoit de prendre en compte non seulement les émissions de polluants (NO2 et particules fines) mais aussi celles de gaz à effet de serre (CO2). (…) Faute de prise en compte des émissions de CO2, seuls les véhicules les plus anciens et les moins coûteux, pourraient être concernés par la ZAPA, tandis qu’échapperaient à toute restriction les véhicules les plus puissants, les plus consommateurs d’énergie fossile et les moins adaptés à la ville.(…) La Ville de Paris réitère par conséquent son souhait de voir intégrés dans le dispositif ZAPA les véhicules les plus consommateurs d’énergie fossile ».

L’association Pays-d’Aix-Ecologie (PAE) considère que « l’oubli » du CO2 dans un projet de restriction de la circulation, est parfaitement scandaleux, au moment où il devient urgent de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter l’impact du changement climatique. Pays-d’Aix-Ecologie se joint à la Ville de Paris pour demander au gouvernement d’ajouter les émissions de CO2 dans les critères de classification des véhicules de sorte que les véhicules produisant beaucoup de CO2, même les plus récents, puissent aussi être interdits. Mieux, ils devraient l’être bien avant les deux-roues antérieurs à 2004.

(1) Cela est d’autant plus injuste que les 2 roues, on le sait bien, ont pour effet de décongestionner la circulation urbaine.

Dominique Juraszko (22.05.11)

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