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Ecrivez à votre député ; halte au bois volé soyons vigilants. Une règlementation européenne sur le bois est en vigueur

nous avons visité E-ON la plus importante unité biomasse de France avec les propriétaires forestiers ici

Une autre forêt est possible Marie Astier (Reporterre) lundi 7 avril 2014

Sur le site de GREENPEACE:la brigade de Vérification du Bois (BVB) a fait ce matin ce que ni les importateurs, ni le gouvernement français ne font pour empêcher les importations massives de bois illégal. Une règlementation européenne sur le bois est en vigueur depuis mars 2013 Ce matin des équipes de Greenpeace ont agi dans le port de La Rochelle : ils ont symboliquement mis sous scellés du bois illégal venu du Brésil et de République Démocratique du Congo.

Cette Brigade de Vérification du Bois (BVB) a fait ce matin ce que ni les importateurs, ni le gouvernement français ne font pour empêcher les importations massives de bois illégal. Une règlementation européenne sur le bois est en vigueur depuis mars 2013. Mais en France, rien n’a changé. La loi française ne sera débattue qu’en juin. Entre 20 et 40% du bois importé en Europe est d’origine illégale. Cette proportion augmente beaucoup pour des régions à risque comme l’Amazonie brésilienne et la RD Congo.

Vous aussi, agissez, interpellez votre député.

SOS FORETS - PETITION NATIONALE

Sur la base d’estimations erronées de l’inventaire forestier national, l’Etat français a engagé une politique forestière fondée sur une augmentation irréaliste et dangereuse des volumes de bois coupés en forêt (+40% d’ici 2020).

Cette politique productiviste s’accompagne d’une réduction drastique du nombre de gardes-forestiers dans le cadre de la réforme des politiques publiques (RGPP) L’objectif est de répondre à des équilibres réfléchis uniquement en terme financier, et à fournir sous prétexte d’économie verte de nouveaux usages industriels, notamment au travers de gros projets industriels et énergétiques, sans que nous soyons capables d’en mesurer les conséquences à long terme (économiques comme écologiques).

Or, la forêt française est un patrimoine riche et fragile.

La biodiversité animale et végétale, l’impact positif de la forêt sur le climat, la qualité de l’eau et de l’air, ainsi qu’une optimisation du rôle économique et social des espaces forestiers, exigent une gestion durable, prudente et concertée, respectant l’ensemble de ces fonctions.

L’activité économique et l’outil industriel doivent s’adapter à la ressource en bois disponible,

et non l’inverse. La stratégie économique de valorisation du bois doit se réfléchir sur les atouts des forêts françaises, pas sur un modèle mondialisé où la France n’a aucune chance de lutter, pour des raisons forestières comme de coût du travail.

La gestion des forêts est une affaire de long terme.

Nous ne pouvons laisser brader ce patrimoine emblématique transmis par nos prédécesseurs sans réagir. Nos enfants nous le reprocheraient.

Nous exigeons :

- L’abandon du projet gouvernemental de surexploitation de la forêt française,

- Une évaluation région par région, de la biodiversité forestière et du rôle de la forêt concernant la protection du Climat, de l’Air et des ressources en Eau, ainsi que son rôle économique, socioculturel, et des mesures concrètes pour protéger ces services.

- Des moyens humains et financiers pour un service public de la forêt assurant l’équilibre de ces diverses fonctions forestières : économiques, sociales et environnementales, notamment dans le cadre du contrat de plan Etat-ONF 2012-2016 en discussion cet été, mais également pour une gestion durable des forêts privées,

- -L’abandon des projets pharaoniques de centrales à biomasse, pour privilégier les projets de maîtrise de l’énergie et de production locale et raisonnée de bois-énergie.

« Forêt, l’espoir vert »

Les 16 propositions du collectif SOS Forêts

Considérant que la fonction de production de bois ne peut actuellement financer les autres fonctions d’intérêt général assurées par la forêt, la République doit s’orienter vers un retour de l’investissement d’argent public dans la Forêt et les milieux connexes, au travers d’ une dotation dans le nouveau Contrat de Plan forestier Etat – ONF de l’ordre de 300 millions d’euros par an, afin que ses multiples fonctions vitales puissent être assurées dans l’intérêt général et pour les générations futures, à l’inverse de la gestion actuelle qui néglige la multifonctionnalité des forêts, faute de moyens financiers et humains suffisants, et qui décapitalise le patrimoine public pour un retour financier immédiat.

Pour une multifonctionnalité de la gestion forestière

1. Le Code Forestier français est exemplaire en termes de gestion durable des forêts. La réécriture dont il fait actuellement l’objet, doit être suspendue et évaluée juridiquement, afin de vérifier qu’elle n’atténue ni ne modifie sa portée.

2. La politique de séparation des fonctions dans l’espace, l’intensification de la production partout, doivent être suspendus d’urgence, et évalués juridiquement, vis-à-vis du Code forestier et du Code de l’Environnement.

3. La mise en oeuvre efficiente du Code Forestier doit être garantie, en particulier l’équilibre entre les fonctions écologiques, sociales et économiques par des forestiers assermentés, polyvalents et réglementairement responsables d’un territoire, en toute transparence avec les instances de concertation existantes et les acteurs locaux.

4. L’obligation d’une analyse approfondie et équilibrée des 3 fonctions écologiques, sociales et économiques, et ce pour toute forêt publique quelle que soit sa taille, doit être restaurée dans les directives et orientations pour la rédaction des plans de gestion forestiers, par opposition aux politiques actuelles de simplification vers un objectif unique de production et financier.

5. Les projets de plans de gestion forestiers, publics et privés, parce qu’ils sont susceptibles de modifier profondément le milieu forestier, avec toutes les conséquences environnementales et sociétales qui en découlent- doivent faire l’objet d’un porté à connaissance annuel étendu à toutes les associations intéressées à la forêt, permettant une concertation formelle, de même que les projets de travaux d’aménagement touchant la voirie et l’hydraulique.

6. Le suivi périodique de l’application des plans de gestion forestiers doit être rendu public et tout changement doit faire l’objet d’un mémoire explicatif, justifiant le parti pris.

7. La forêt publique française doit devenir un véritable réseau écologique forestier, juridiquement opposable : forêts de protection, programme de restauration des continuités forestières et des cours d’eau forestiers, sauvegarde et développement des zones de grande valeur patrimoniale (Réserves Biologiques Intégrales, Ilots de sénescence, zones Natura 2000, ZNIEFF de type 1….)…

8. La forêt linéaire (ripisylve, rangées d’arbres et haies d’essences autochtones) doit retrouver la place qu’elle a perdue dans le paysage (milieu ouvert péri et inter-forestier) et l’économie locale : il s’agit de restaurer les continuités biologiques en développant un programme de replantations pérennes avec bandes enherbées, mesure complémentaire à la conservation des dernières prairies naturelles et zones humides. Cette forêt linéaire participe à la biodiversité et à la ressource en bois nécessaire localement.

Pour une filière bois au coeur de la ressource

9. Les politiques publiques doivent soutenir toute initiative en faveur des unités de transformation du bois à forte valeur ajoutée (en priorité bois d’oeuvre local), et visant à limiter l’export de bois brut.

10. L’isolation des bâtiments et les économies d’énergie dans tous les domaines doivent être la priorité de la politique énergétique. Les politiques publiques doivent conditionner leurs aides financières dans le domaine énergétique, à la maîtrise préalable de la consommation d’énergie. Tout projet industriel, en particulier bois-énergie, doit être disqualifié s’il est sans rapport avec la ressource forestière locale et n’assure pas un bilan écologique et énergétique optimal, et un approvisionnement préférentiel en produits connexes de scieries.

Pour une sylviculture raisonnée

11. Une sylviculture en harmonie avec la productivité naturelle et potentielle de la forêt produisant des gros bois de qualité en vue d’une utilisation en bois d’oeuvre maximise le stockage du carbone en forêt et dans le bois mis en oeuvre et participe donc de manière optimale à la lutte contre les changements climatiques.

12. Les méthodes de sylviculture favorables à la biodiversité permettront aussi, tout en concentrant la production sur les bois de valeur, le développement des mesures en faveur des bois âgés ou sénescents, du maintien d’arbres et bois morts, et des surfaces en non gestion volontaire.

13. L’outil industriel et les scieries doivent s’adapter à la production forestière (dimensions des engins forestiers : de débardage, de coupe, de transport) et non l’inverse et développer une transformation à forte valeur ajoutée.

14. Les mesures d’intensification et d’artificialisation de la sylviculture actuellement imposées sous la pression du gouvernement français, doivent être suspendues d’urgence et évaluées juridiquement, vis-à-vis du Code forestier et du Code de l’Environnement.

Sont visés en particulier :

- le raccourcissement de 20% des âges d’exploitation
- le niveau de prélèvement demandé en forêt sans rapport avec les données locales de possibilité volume et d’accroissement connues par les forestiers de terrain
- la plantation de résineux en plaine, et de Douglas dans la Sapinière Vosgienne
- la généralisation de la mécanisation (et en particulier le resserrement des cloisonnements d’exploitation qui prépare cette généralisation)
- l’exploitation excessive des rémanents d’exploitation, qui appauvrit les sols et risque de libérer un stock de carbone atmosphérique considérable.

15. Face aux risques liés au changement climatique, le principe de précaution intangible doit être la recherche d’un mélange maximal d’essences indigènes (et de provenances locales, en cas de plantation). Il est choquant d’inciter – sous couvert de changement climatique – aux substitutions d’essences et aux sylvicultures à courte révolution, avec toutes les incertitudes techniques et tous les risques écologiques et économiques que cela comporte.

Éducation – Culture

16. L’éducation forestière publique et les métiers de la forêt doivent être mieux connus et développés. Le déclin de cette filière de formation en France, pourtant mondialement réputée depuis le 19ème siècle, est inquiétant. Sensibiliser le grand public et les jeunes aux rôles primordiaux de la Forêt, faire découvrir sa richesse, inciter à son respect, c’est garantir à long terme sa protection.

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